Un peu d’humour sur le projet de loi Macron

Pendant quelques semaines, pendant quelques jours, pendant quelques nuits, nous avons examiné le projet de loi Macron. Une épopée, avouons-le, 295 articles, 1797 amendements, des sujets aussi éclectiques que peuvent l’être la mobilité, les professions réglementées, l’économie numérique, les tribunaux de commerce, le travail le dimanche. Certains, à eux seuls, auraient pu faire l’objet d’un projet de Loi.

L’idée m’est donc venue d’établir un petit lexique, sans prétention, sans doute peu académique, sa seule ambition étant de faire acte d’impertinence après toutes ces heures de travail.

Pour commencer, un verbe : nous en conviendrons, à la question « que fais-tu », ces temps derniers, nous répondions malicieusement « je vais macronner » !

Eh oui, à force d’abattre du texte, tels de courageux bûcherons, nous sommes devenus les rois du macronnage!

Dès lors, nous pouvions nous qualifier de macronneuses et de macronneurs, mais ces termes sont peu flatteurs sur le plan linguistique. En revanche, pouvions-nous adopter le rôle de macronnistes? Trop partisan… Et à écouter les échanges, parfois épiques, parfois houleux, parfois respectueux, j’ai préféré opter pour les macrophiles et les macrophobes, et ce, à géométrie variable, selon les thèmes abordés… Sachant que d’autres, boulimiques, étaient devenus macronvores…

Une mention particulière pour la commission spéciale, et en particulier pour nos rapporteurs qui sont devenus de vrais experts, des macronlogues aguerris, explorant les méandres de la loi, fuyant ses pièges macronflexes, tels des guerriers  macronfuges.  Cependant, nous leur conseillerons, après toutes ces semaines de macronmanie, afin de ne pas être malade de macronnite, voire de macronnose, de se démacronniser après le 12 mai.

On nous annonce Macron 2, préparons-nous, chers collègues, avant de remacronner, avant de nouvelles nuits de macronsomnie, sinon la macronfolie nous guette!

Ce projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques m’a permis cet exercice de macronlogie, en forme d’inventaire à la Prévert comme l’est d’ailleurs l’ensemble de ce texte. En espérant qu’en fait de réforme, ne reste pas seulement celle du vocabulaire.

Elisabeth Doineau