Hommage à Alain Poher

20161209_144822Ce mercredi, le président du Sénat, Gérard Larcher, inaugurera l’exposition « Alain Poher : 50 ans au service de la République », 20 ans après sa mort.

Homme d’Etat discret, Alain Poher a pourtant marqué de son empreinte la Vème République.

Tout d’abord, parce qu’il est le seul à avoir été deux fois président de la République sans jamais y avoir été élu (108 jours au total). En vertu de l’article 7 de la Constitution, le président du Sénat assume l’intérim en cas de vacance de la présidence de la République. Cela s’est produit lors de la démission de Charles de Gaulle en 1969 puis en 1974 après le décès de Georges Pompidou.

Ensuite, parce qu’il a fait preuve d’une remarquable longévité à la tête du Sénat (de 1968 à 1992, soit 24 ans) et en tant que sénateur (de 1946, sous la IVème République à 1995).

Premier défenseur de l’institution sénatoriale, Alain Poher s’est opposé au référendum proposé par de Gaulle en 1969, qui limitait fortement les pouvoirs de la Haute assemblée.

Alain Poher souhaitait ancrer le Sénat comme « chambre de réflexion et de dialogue » pour tempérer les excès de l’Assemblée nationale.

Centriste, il était un européen convaincu et militant. Il a, notamment, été le président désigné du Parlement européen de 1966 à 1969.

Face à un parcours exemplaire d’homme d’Etat, je suis fière de siéger, aujourd’hui, dans le même fauteuil qu’Alain Poher au Sénat.

Dans mon mandat, je m’efforce de faire mienne les valeurs qu’il a défendues : le dialogue, l’ouverture, la tempérance, la responsabilité. Ces valeurs sont un guide, une boussole face à un monde agité par les populismes et la post-vérité.