Réponse à ma question écrite sur la discrimination d’accès à l’emploi pour les personnes diabétiques

diabetes-528678_1920Question n° 00172 adressée à Mme la ministre des solidarités et de la santé
Publiée le : 06/07/2017
Texte de la question : Mme Élisabeth Doineau attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur les discriminations professionnelles subies par les personnes atteintes de diabète. Le diabète est la première maladie chronique de France avec plus de trois millions de personnes atteintes.
L’article L. 1132-1 du code du travail interdit clairement toute forme de discrimination. Les progrès technologiques et thérapeutiques sont aujourd’hui indéniables pour cette pathologie.
Cependant, plusieurs textes réglementaires continuent d’imposer une inégalité d’accès des personnes diabétiques à l’emploi. Il leur est aujourd’hui impossible, par exemple, d’être ingénieur des mines, marin, policier, personnel navigant, contrôleur de la sécurité sociale, etc. Comme le propose la fédération française des diabétiques (FFD) et l’association d’aide aux jeunes diabétiques (AJD), il apparaît nécessaire de modifier les textes réglementaires qui interdisent ou limitent certains métiers aux diabétiques et de procéder à des réévaluations périodiques. Au regard des améliorations notables du traitement de cette maladie, l’accès à ces professions pourrait s’opérer sans discrimination, par le biais d’une évaluation personnalisée.
Elle souhaite donc connaître les mesures qu’elle compte prendre pour mettre fin, dès que possible, à ces discriminations, en examinant tous les textes réglementaires concernés, et ce, dans une démarche interministérielle, comme elle s’y est engagée à l’occasion des questions au Gouvernement du 24 janvier 2017 à l’Assemblée nationale.

Réponse de Mme la ministre des solidarités et de la santé
À publier le : 21/06/2018, page 3137
Texte de la réponse : Le diabète est une maladie chronique qui concernait, en 2015, plus de 3,3 millions de personnes en France. Cette affection a un impact certain sur le travail des personnes qui en souffrent et, dans certains cas, peut interdire l’accès à certaines professions.

Selon les termes de l’article L. 1132-1 du code du travail, le principe général est la non-discrimination à l’embauche, notamment en raison de l’état de santé. Ce principe prévaut dans la fonction publique.
Cependant, l’article 22 du décret n°  86-442 du 14 mars 1986 modifié précise que l’admission dans certains corps de fonctionnaires peut être subordonnée à des conditions d’aptitude physique particulières.
Les restrictions à l’embauche de personnes diabétiques concernent un nombre très restreint de professions et visent à protéger les professionnels de tout risque pour leur santé ainsi que celle de leurs collègues ou de tiers dans l’environnement immédiat de travail. Elles peuvent répondre aux exigences d’un cadre normatif supranational. Ces règles sont régulièrement réévaluées au regard des progrès médicaux et de l’environnement de travail. Ainsi, l’arrêté du 2 août 2010 relatif aux conditions d’aptitudes physiques particulières pour l’accès aux emplois de certains corps de fonctionnaires, abrogeant d’anciennes dispositions, restreint systématiquement l’accès aux diabétiques pour les seuls fonctionnaires actifs de la police nationale.
Plus récemment, selon les termes du décret n°  2015 1575 du 3 décembre 2015 relatif à la santé et à l’aptitude médicale à la navigation, si le diabète insulino-dépendant entraîne l’inaptitude médicale à l’entrée dans la profession de marin et à la navigation, le diabète non insulino-dépendant fait l’objet d’une décision particulière prenant en compte la nature du traitement, les résultats des examens biologiques, la navigation pratiquée et les fonctions exercées à bord.
Plus généralement, dans l’orientation professionnelle des personnes diabétiques, il convient aussi de prendre en considération les dispositions de l’arrêté du 18 décembre 2015 modifiant l’arrêté du 21 décembre 2005 fixant la liste des affections médicales incompatibles avec l’obtention ou le maintien du permis de conduire ou pouvant donner lieu à la délivrance de permis de conduire d’une durée de validité limitée. Enfin, le cas des personnes diabétiques est pris en compte du fait des risques d’hypoglycémie et des complications potentielles de la maladie (cardio-vasculaires notamment).