EGAlim : au départ, une promesse, à l’arrivée, un miroir aux alouettes

farmer-657343_1920

Devant la détresse du monde agricole, le Gouvernement avait lancé en juillet 2017 les états généraux de l’Alimentation. Cette excellente initiative devait répondre à l’avenir de toute une profession, avec un enjeu essentiel : la nécessité de garantir un revenu décent aux producteurs.

Elle devait aussi montrer des orientations fortes pour une alimentation saine, sûre et durable. Ces objectifs n’étaient pas sans remettre en cause nos modèles de production, notamment pour répondre aux attentes des consommateurs. Mais ce grand débat national, qui devait concilier le travail des uns et les choix des autres, n’a pas réussi à réconcilier les Français, bien au contraire.

Le 25 septembre 2018, le Sénat a adopté une motion tendant à opposer la question préalable sur le projet de loi qui en découlait. En conséquence, il n’a pas été adopté. 

« Avec l’échec de la commission mixte paritaire, l’Assemblée nationale a durci ses positions en rejetant les propositions de bon sens du Sénat. Pire, les députés de la majorité gouvernementale ont ajouté en nouvelle lecture nombre de mesures qui n’ont fait l’objet d’aucune étude d’impact », analyse la sénatrice de la Mayenne.

« À la recherche d’un texte équilibré, le Sénat avait su dépasser les clivages partisans en adoptant, notamment, à l’unanimité la création d’un fonds d’indemnisation des victimes professionnelles des produits phytopharmaceutiques », ajoute Élisabeth Doineau.

« Je crains, in fine, que le texte de l’Assemblée échouera à relever le prix payé aux agriculteurs. L’addition des charges nouvelles risque même d’entrainer l’effet inverse », conclut-elle.

Les sénateurs poursuivront leur travail, au travers d’un groupe de suivi et une saisine du Conseil constitutionnel.