Abaisser l’âge minimal pour être élu sénateur à 18 ans: pourquoi j’ai voté pour !

vote-3569999_1920.jpgMercredi 21 novembre 2018, le Sénat a examiné la proposition de loi organique relative à l’élection des sénateurs, présentée par M. André GATTOLIN (LREM – Hauts-de-Seine).  Elle vise à abaisser l’âge minimal pour être élu sénateur de 24 à 18 ans. Les sénateurs n’ont pas adopté ce texte, par 128 voix pour et 206 voix contre (voir les résultats du scrutin public). J’ai voté pour. Et voici pourquoi :

  • Abaisser l’âge minimal d’éligibilité aux élections sénatoriales à 18 ans est simplement un alignement sur le droit commun. Depuis la loi organique du 14 avril 2011, tout citoyen français de 18 ans peut se présenter aux élections présidentielles, législatives et européennes. Il doit attendre ses 24 ans pour l’élection sénatoriale. Un contresens à mon avis.
    • Pour quels motifs un citoyen français âgé de 18 ans peut être candidat à la présidence de la République et non au Sénat ?
  • Oui, l’exercice d’un mandat parlementaire se nourrit de l’expérience. Pour autant, abaisser l’âge d’éligibilité aux élections sénatoriales, ce n’est pas ouvrir une boîte de Pandore ou dévoyer le sens de la Chambre des Territoires. En 2011, l’âge d’éligibilité est passé de 30 à 24 ans au Sénat, sans compromettre, je le crois, le sérieux des travaux qui y sont menés.
    • Est-il crédible qu’un très grand nombre de citoyens âgés de 18 ans soient, du jour au lendemain, élus au Sénat ? Non.
    • Faut-il interdire cette possibilité ? Je ne le crois pas.
    • Il faut avoir bien peu confiance en nos concitoyens, en l’occurrence en nos grands électeurs, pour estimer qu’en abaissant un âge minimal, ils deviendront d’un coup, des irresponsables.
  • Le renouvellement politique qui s’opère en France depuis plusieurs années est aussi une réalité au sein de la Haute Assemblée. Élection après élection, le Sénat se féminise, tend à rajeunir.
    • Par conséquent, peut-on décemment exclure, en conscience, 4 millions de jeunes âgés de 18 à 24 ans de la possibilité de concourir à ce si beau et exigeant mandat, dont certains sont des élus locaux ou des grands électeurs ?
    • Un citoyen de 40 ans, sans expérience d’élu local, peut devenir sénateur, mais un élu local de 22 ans ne le peut pas. Où est la logique ?

Maintenir un âge minimal spécifique pour les seules élections sénatoriales est de moins en moins acceptable. Mes collègues ont rejeté ce texte, estimant que ce sujet devait être débattu dans le cadre plus large de la réforme des institutions engagée par le président de la République.

Adopter cette proposition de loi aurait été un signal fort et immédiat envoyé à nos concitoyens et notamment aux plus jeunes.