Budget de la santé pour 2020: Non à une réforme moins-disante de l’AME, oui à la recherche sur la maladie de Lyme

Vendredi 29 novembre 2019, le Sénat a examiné les crédits de la mission Santé du projet de loi de finances pour 2020.

Je suis intervenue pour m’opposer aux amendements visant à limiter le champ ou l’enveloppe financière de l’aide médicale d’Etat (AME).

Selon les référentiels portés par les groupes politiques, l’AME incarne soit un mal nécessaire soit le salut de notre nation. Mais en définitive, dans une vision purement pragmatique, l’AME est et restera une aide indispensable avec un rapport bénéfices/risques avantageux.

J’ai défendu également un amendement visant à octroyer des fonds supplémentaires pour la recherche concernant les maladies vectorielles à tiques (maladie de Lyme). Il a été adopté au Sénat. Espérons que l’Assemblée nationale soutienne la démarche que j’ai initiée et qui est portée par 106 sénateurs de tous bords politiques.

Budget 2020 : des crédits supplémentaires pour la recherche contre la maladie de Lyme

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Le 29 novembre 2019 A l’initiative d’Elisabeth DOINEAU du groupe Union Centriste, le Sénat vient d’adopter, un amendement dotant de crédits complémentaires la recherche contre la maladie de Lyme.

 « La recherche est un acteur majeur de la prévention. L’amendement propose ainsi de créer un programme spécifique de recherche contre les maladies vectorielles à tiques, doté de 5 millions d’euros. En apportant des crédits à la recherche fondamentale et appliquée sur cette maladie, nous entendons améliorer durablement la vie des patients. » a précisé Elisabeth DOINEAU, auteure d’un rapport d’information sur la borréliose de Lyme.

L’incidence de la maladie de Lyme a fortement augmenté ces dernières années : de 26 000 nouveaux cas par an entre 2009 et 2014, à 45 000 en 2017 puis 67 000 nouveaux cas dénombrés par Santé Publique France en 2018. La maladie de Lyme fait désormais partie des dix maladies infectieuses les plus fréquentes en France.

En l’absence de systèmes de déclaration obligatoire organisés à grande échelle et compte tenu de l’insuffisante sensibilisation des médecins traitants au dépistage de cette maladie complexe, le recensement du nombre de cas avérés reste incomplet et probablement sous-évalué.

Afin d’en comprendre les enjeux et les conséquences, 4 tables rondes ont été organisées par la commission des affaires sociales ; les conclusions sont reprises dans le rapport remis par la sénatrice au printemps dernier (rapport du 10 avril 2019 à retrouver sur http://www.senat.fr).

Il y est souligné que le diagnostic, la prise en charge et le traitement de cette maladie divisent la communauté scientifique, laissant les malades dans une errance thérapeutique. Or en l’absence de diagnostic rapide, les complications peuvent être lourdes et mener à des dommages irréversibles.

Or depuis les projets financés dans le cadre du « Plan national Lyme » en 2016, aucun financement n’a été accordé à la recherche sur cette pathologie.

« Il est urgent d’octroyer à l’INSERM des crédits dédiés spécifiquement à des projets de recherche tant sur le diagnostic que sur les formes sévères et persistantes de la maladie de Lyme» a conclu Elisabeth DOINEAU.

Bioéthique : Visite de l’hôpital Foch à Suresnes

L’hôpital Foch est un établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC[1]) de près de 600 lits reconnu pour sa capacité d’innovation : première transplantation pulmonaire bilatérale au monde en 1989, première greffe de rein et d’utérus en France, etc.

À l’invitation du directeur général Jacques Léglise, j’ai pu visiter le service de maternité et de gynécologie du Professeur Jean-Marc Ayoubi, à la pointe en matière de médecine de la reproduction. C’est son équipe qui a réalisé la première greffe d’utérus de France.

Le parcours de chaque famille est facilité grâce à une aile dédiée et des espaces de repos adaptés aux jeunes parents. Le service maternité assiste près de 3 500 accouchements par an.

Alors que l’examen du projet de loi de bioéthique bat son plein à l’Assemblée nationale, j’ai également pu échanger avec le Professeur Ayoubi sur les techniques et les encadrements de l’assistance médicale à la procréation (ou PMA), sur l’autoconservation et le don des ovocytes, ou encore sur l’analyse génétique de l’embryon.

Dans la perspective de l’examen au Sénat du projet de loi, ces discussions ne manqueront pas d’alimenter ma réflexion.

[1] Les ESPIC répondent à trois engagements vis-à-vis du public : pas de limitation à l’accès aux soins ; pas de dépassement d’honoraires ; continuité du service (accueil 24h/24).

La loi Santé est définitivement adoptée !

Le 20 juin dernier, j’ai eu l’honneur de présider la commission mixte paritaire sur le projet de loi relatif à l’organisation et la transformation du système de santé. Une première expérience que je qualifierai d’heureuse puisqu’elle s’est soldée par un accord.

Il convient désormais de communiquer au plus près du terrain pour fédérer tous les acteurs et favoriser le partage des responsabilités pour imprimer une véritable dynamique.

Car le chantier de la réorganisation de notre système de santé passera davantage par le terrain que par la loi. Mobilisons-nous sur nos territoires !

Question orale: Quelles solutions face à l’exercice illégale de la médecine à visée esthétique?

Le 16 juillet 2019, j’ai interpellé le Gouvernement sur les risques liés à un développement incontrôlé des actes à visée esthétique. Ce phénomène se propage notamment grâce aux réseaux sociaux et à leurs influenceurs. Mais face au coût de ces actes médicaux, beaucoup se tournent vers des esthéticiennes qui cassent les prix et exercent illégalement la médecine.

Question écrite: Prescription de biothérapies en dermatologie

health-2082630_1280Question n° 11047 adressée à Mme la ministre des solidarités et de la santé
À publier le : 27/06/2019
Texte de la question : Mme Élisabeth Doineau attire l’attention de Mme la ministre des solidarités et de la santé sur la problématique de la prescription de biothérapies en dermatologie par les praticiens de ville. Les biothérapies, qui ont très sensiblement amélioré la prise en charge des patients, sont notamment indiquées en dermatologie.
Selon une dermatologue à l’hôpital de la Timone à Marseille, l’amélioration visée, auparavant fixée à 65 %, atteint désormais plus de 90 % pour certaines molécules. Cinq molécules sont utilisées dans le traitement du psoriasis, de la maladie de Verneuil, des maladies bulleuses, de l’urticaire chronique…
Or, il existe un frein à la prescription de ces thérapies : la contrainte de prescription initiale hospitalière, trop largement imposée par l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), retarde voire empêche la prise en charge des patients, notamment de ceux qui ont des difficultés d’accès aux services.
Cette contrainte se justifie pour les indications concernant des pathologies qui ne peuvent être diagnostiquées qu’en milieu hospitalier, au moyen d’équipements adaptés. Or comme l’a reconnu, le 2 avril 2019, le tribunal administratif de Montreuil, en dermatologie, il n’est pas établi que le diagnostic requière des moyens techniques propres aux services hospitaliers.
Dans ces conditions, la contrainte de prescription initiale est d’autant plus discutable en dermatologie que nombre de praticiens partagent leur temps entre le cabinet et le service hospitalier.

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Loi Santé : Face à un texte de réorganisation, le Sénat tente de répondre aux impératifs de court terme

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Mardi 11 juin 2019, le Sénat a adopté, par 219 voix pour et 93 voix contre, le projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé.

L’inégal accès aux soins est une préoccupation majeure pour nos concitoyens. Aucun territoire n’échappe véritablement à cette problématique qui cristallise les angoisses, voire les colères. Le manque ressenti de médecins peut tout aussi bien venir des généralistes que des spécialistes. Certains territoires cumulent ces difficultés.

En bref :

Le projet de loi de la ministre Agnès Buzyn vise à réformer les études des futurs professionnels de santé, en supprimant notamment le numerus clausus, à réorganiser notre système de santé afin de libérer du temps médical et de structurer les territoires (hôpitaux de proximité, communautés professionnelles territoriales de santé) et à créer une véritable plateforme des données de santé.

Le texte gouvernemental suscite néanmoins beaucoup d’impatience et d’insatisfaction, car il ne répondra pas immédiatement aux difficultés d’accès aux soins. Lire la suite

Communiqué de presse: Le groupe UC vote le PJL Santé révisé par le Sénat

Le 11 juin 2019 Le groupe Union Centriste a apporté majoritairement son soutien au projet de loi amendé par le Sénat. Ce texte ne constitue qu’un chapitre du plan « ma santé 2022 » présenté il y a quelques mois par le gouvernement et très attendu par tous les professionnels, comme on le vit actuellement avec le problème crucial des services d’urgence.

« Ce projet de loi est une étape indispensable pour répondre aux enjeux de notre temps. Il supprime enfin le Numérus Clausus et réforme en profondeur les études de santé en privilégiant un haut niveau de connaissances médicales, mais aussi des compétences en relations humaines et en numérique » a déclaré Elisabeth DOINEAU, sénatrice de la Mayenne, au nom du groupe Union Centriste.

Dans ce contexte, les stages sont un levier indispensable et le groupe se réjouit de l’adoption d’un amendement (16 rectifié) visant à faciliter l’agrément des praticiens maîtres de stage des universités accueillant des étudiants de médecine.

Tout au long de l’examen du texte, le groupe a insisté sur la nécessité de travailler et de communiquer au plus près du terrain pour permettre de pouvoir accéder à des soins de qualité, de manière égale et satisfaisante, partout en métropole comme dans les Outremers.

« L’inégal accès aux soins est une préoccupation majeure pour nos concitoyens. Aucun territoire n’échappe véritablement à cette problématique qui cristallise les angoisses, les impatiences, voire les colères » a souligné la sénatrice. Lire la suite

Projet de loi Santé: Intervention d’Elisabeth Doineau

Le 3 juin 2019, le Sénat a débuté l’examen du projet de loi relatif à l’organisation et à la transformation du système de santé. La sénatrice Elisabeth Doineau s’est exprimée au nom du groupe Union centriste.

L’accès aux soins est un sujet d’angoisse pour nombre de Français. S’il n’y a pas de solution miracle, de nombreuses pistes sont à approfondir comme la décentralisation de la formation, user du levier des stages pour promouvoir la richesse des modes d’exercice et orienter les vocations et enfin favoriser le partage des tâches entre professionnels.